ces EONS, faut-il les TAIR ?

  L'éon (grec Αἰών) est un temps sacré, et Jung a estimé qu'il devait en parler.
  Les éons sont encore des personnifications, notamment les personnes des divers plérômes gnostiques, le plus complexe étant la triacontade de la gnose valentinienne..

  Lorsque j'avais prévu d'en finir en 2025, je pensais achever ce blog en rappelant les cas les plus étonnants auxquels j'ai été confronté en 40 ans de recherche, et le premier s'étant imposé est celui du 8 décembre 2021.
  Les "cas étonnants" se répartissent en deux catégories, ceux qui sont vérifiables par tout un chacun, et ceux qui font appel à mon propre témoignage. En fait les cas sont souvent mixtes, avec des circonstances personnelles liées aux découvertes accessibles à tous, et je pense immédiatement au cas récent de mon étude sur Pi dans le Clavier bien tempéré.
  Dans mon billet du 12 décembre, je rapprochais les lettres P-I, symétriques aux rangs 11-14 dans le titre de 24 lettres choisi par Bach, des tonalités adjacentes 10-15 dans le CBT2, totalisant 314 mesures. Ce n'est que le 1er janvier que je me suis avisé que les tonalités centrales 12-13 du CBT2 totalisent aussi 314 mesures, de façon pourtant presque immédiate, 155+159 (voir le billet précédent).
  C'était si immédiat que je me suis demandé comment j'avais pu louper ce 314-PI-314 au centre du CBT, alors que mon attention était précisément portée vers ce centre, et que je m'intéressais aussi au nombre 157, moitié de 314.
  C'était loin d'être la première fois qu'une harmonie pourtant patente m'avait échappé, ce qui m'a à diverses reprises fait envisager une explication utilisant les mondes multiples, ou le multivers, une théorie tout à fait sérieuse selon laquelle tout existe; à chaque quantum de temps toutes les transitions de toutes les particules de l'univers sont réalisées, donnant naissance à une quasi-infinité de mondes...
  Alors, et si la détection d'une certaine harmonie dans un ensemble pouvait faire passer dans un autre monde où cette harmonie serait accentuée ? Certains auteurs de SF, comme Greg Egan, ont utilisé cette idée de saut d'un monde à l'autre.

  C'est tout de même plus simple de considérer que mes neurones se ratatinent, mais les cas se multiplient, et l'affaire du 8 décembre 2021 vient de connaître au moins un formidable rebondissement.
  J'ai développé l'affaire ici, en voici un bref résumé. La première étape est en décembre 2004, avec mon invention d'une nouvelle contrainte, le SONÈ, que j'ai à ma connaissance été le seul à pratiquer, avec seulement deux textes, dont ce premier, publié dans Formules n° 9 :
 

  C'est un SONÈ parce que composé de deux carrés 8x8 et 6x6, évoquant les 8 vers des quatrains et 6 des tercets d'un sonnet classique, mais encore parce que le texte immédiat cache un autre texte obtenu par lecture pandiagonale à partir des 4 coins des carrés, Sud-Ouest-Nord-Est :

  Au paradis on attend l'exil, en à-pic au sens avéré. Relève Eve au rédimé délit. Tar-i Eden, élans mêlés, été privé de baie, là finir

  Le tiret de "tar-i" marque le passage d'un carré à l'autre.
  Mes deux textes contenaient les mots "paradis" et "Eden", car en hébreu le mot quadrilitère PaRDèS est utilisé comme mnémonique des 4 sens de l'écriture, écho pour moi aux 4 directions de l'espace.

  La seconde étape est en octobre 2010, où l'approche du 10/10/10 m'a fait écrire 10 dizains reprenant en les systématisant les contraintes de la série de 11 onzains de Perec, L'usine à troc.



  Les lectures des dizains sont ici. La série de Perec offrait deux diagonales isogrammes en E et O, N et S apparaissant dans d'autres poèmes du recueil Alphabets
  Les deux diagonales L-U de mes dizains 3 et 8 étaient inspirés par les diagonales M-U du sonnet en F de Perec (un texte dont la découverte des harmonies s'est échelonnée sur plus de 25 ans).
  L'énoncé "l'usine à troc" apparaissait en dernière colonne et dernière rangée du premier onzain de Perec, comme en première colonne et première rangée du dernier onzain. 
  Les 11 dernières colonnes des onzains de Perec étaient une permutation en onzine de LUSINEATROC. Les 10 premières colonnes de mes dizains étaient une permutation en dizine de SONLIEURAT. Une propriété de cette dizine étant que ses 5 premiers termes se répètent, inversés, dans les 5 derniers termes, j'avais repris dans chaque dizain la première colonne, inversée, dans la dernière colonne. La formule SONLIEURAT ou son inverse apparaissait en outre en première et dernière rangées des onzains 1 et 6.

  La faisabilité du projet dépendait de la découverte d'une formule SONL-EU--- ou SONU-EL--- offrant un sens minimal aussi bien en ordre normal qu'inverse, et j'avais été ravi de trouver "son lieu, rat", je rappellerai plus loin pourquoi.
  La permutation en dizine a pour effet qu'à chaque lettre en tête de rangée est toujours associée en fin de rangée celle symétrique dans la formule de départ, c'est-à-dire qu'aux 5 premières lettres SONLI correspondent TARUE, et qu'à l'ordre SONE des diagonales, un impératif de départ, correspond TARI.
  Davantage, SON--E correspond à TAR--I, et la séparation entre les deux carrés du SONÈ de 2004 découpait la formule "tari Eden" en TAR-IEDEN, "tari Eden" étant pour moi quasi équivalent à "tari SONE", avec l'association des 4 lettres du PaRDèS aux 4 sens de l'écriture.

  J'imagine que tout ça est difficile à comprendre pour ceux qui ne pratiquent pas l'écriture à contrainte, mais c'est mon monde, et j'ai toujours été fasciné par les textes offrant plusieurs directions de lecture.
  Et par les initiales des 4 points cardinaux. L'un des textes qui m'a demandé le plus de travail, à peu près 24 h le jour de la pentecôte 2003, est celui-ci, où 8 carrés s'additionnent pour donner des lectures à chaque fois décalées d'un quart de tour. J'avais été frappé d'y voir apparaître la séquence NONOSESE.

  Avant d'aborder l'événement du 8/12/21, il me faut revenir à la parution en 2011 de deux numéros 813 dans la collection Rivages/noir :
 Merci Black Jack
  Il s'agissait de plus de deux auteurs français membres de l'association 813, de même que le directeur de la collection, association devant son nom au roman "813" de Maurice Leblanc, et ce fut pour moi l'occasion d'étudier les parutions en 1910 de ce roman et du Liber 813 vel ARARITA, de l'occultiste Alesteir Crowley.
  ARARITA (אראריתא) sont des lettres hébraïques dont la somme gématrique est 813, acrostiche d'une formule ayant trait à la permutation selon Crowley, or le 813 de Leblanc est aussi permutable, l'ordre des chiffres y étant indifférent.

  J'ai développé cette affaire ici, et je saute à novembre 2021 où l'évocation de l'autel (ara en latin) de l'église Sainte Rita dans un roman de Tobie Nathan (dans la collection Rivages/noir) m'a fait penser à ARARITA.
  Le 8/12/21, un processus assez lent m'a conduit à constater que ARARITA était constitué des mêmes lettres que le TAR-I du SONÈ de 2004 et des dizains de 2010, en début d'après-midi, et je me suis alors souvenu qu'un texte venant d'être publié sur la liste Oulipo, à l'occasion de la journée internationale du Climat, contenait le mot "tari".  Je l'avais juste survolé, et ai donc mieux étudié ce texte de Robert Rapilly, publié à 11 h 49.
  Quelques phrases se résument ainsi,

    Climat con
    air à rat
    canal tari
    ci à mort

et Robert indiquait ensuite:

    Ça rentre en une
    matrice carrée à
    double lecture :
    verticalement et
    horizontalement.

    C A N A
    L T A R
    I C I A
    M O R T

 Alors horizontalement, "tari" se partage en TAR-I, et verticalement, "air à rat" est l'impeccable anagramme de ARARITA
 Robert m'a assuré avoir composé ce texte en quelques minutes, juste avant de le poster sur la liste.

  Robert est l'auteur de plusieurs autres textes essentiels, j'y reviendrai.
  Je crois n'avoir pas jusqu'ici souligné l'écho entre "son lieu, RAT", "Des RATS et des hommes", le premier 813 chez Rivages/noir, et cet "air à RAT". Les premiers mots de mon texte multidirectionnel signalé plus haut étaient "R. Rê été RAT". Des rats et des hommes en 2011 était de Tito Topin, et mon 3e dizain de 2010 mentionnait à deux reprises Tito.
  Peut-être suis-je taré d'être obnubilé par ces histoires de TAR-I et ARARITA, mais je reste émerveillé aujourd'hui par la publication du texte de Robert au moment même où j'étais en train de réunir les deux fils. Je précise que j'ai résumé au plus bref, les événement sont détaillés ici, avec d'autres coïncidences.

  Ce cas s'imposait pour un testament, mais je le reprends maintenant parce qu'il y a du neuf.
  Triturant les lettres SONE TARI, il m'est venu A EST NOIR, ce qui m'a aussitôt évoqué Voyelles de Rimbaud, et sa récriture lipogrammatique Vocalisations par Perec, un texte souvent commenté. J'ai soumis ces lettres SONETARI à un générateur d'anagrammes, où il est notamment apparu "notaires", ce qui m'a aussitôt rappelé que j'en avais utilisé l'anagramme Astérion dans un projet. J'y reviendrai, mais je n'avais alors pas du tout songé au SONE TARI qui m'était pourtant essentiel.
  Astérion est un autre nom du Minotaure, que je connais par une courte nouvelle de Borges, La demeure d'Astérion (4 pages dans le recueil L'Aleph).
 

  Borges a vraisemblablement choisi ce nom rare pour que le lecteur ne comprenne pas immédiatement que le narrateur de la nouvelle est le Minotaure, et que sa "maison" est le fameux labyrinthe, auquel est donné une valeur métaphysique : La maison a l'échelle du monde, ou plutôt, elle est le monde.
  J'avais été content de la formule Son lieu, rat, m'ayant permis la réalisation des dix dizains, parce qu'une définition de l'oulipien assez courante est : L'oulipien est un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir
  Ainsi le "lieu" était pour moi le "labyrinthe", et je m'avise 15 ans plus tard que SONE TARI est l'anagramme d'Astérion, l'habitant du plus célèbre labyrinthe.

  J'avais LU ASTERION bien avant 2010, et je m'aperçois que cette séquence permet aussi une lecture inverse, "noir et Saül", Saül premier roi d'Israël; il était souvent d'humeur noire, et la harpe de David l'aidait à retrouver la sérénité.

  Comme dit plus haut, la dizine appliquée à SONLIEURAT impliquait une correspondance entre les lettres S-O-N-L-I et T-A-R-U-E. Je remarque l'anagramme TAURE de ce dernier groupe.
  On peut aussi forger le mot Tauro, qui en espagnol est le signe zodiacal du Taureau (l'animal est plutôt toro).
  En restant en espagnol, on peut compléter l'anagramme en sin el Tauro, "sans le Taureau", ce qui pourrait s'appliquer à mon veuvage depuis 5 ans; ma compagne était du Taureau. 

  Il y a environ deux ans, j'ai envisagé une récriture de Labyrinthes, le dernier volet de la trilogie Traskman signée Thilliez. Les deux premiers volets m'avaient séduit, mais la conclusion était selon moi ratée, aussi j'avais imaginé autre chose, sans réelle volonté d'aller jusqu'au bout, la planification d'un scénario étant en elle-même gratifiante (j'ai bien d'autres projets avortés).
  Incidemment, le premier billet que j'avais consacré au roman, en mai 2022, Fibonacci régit de noirs labyrinthes, suivait immédiatement un billet sur Borges, Tlön, le monde est Tlön.
  
  Tlön, Uqbar, Orbis Tertius est une autre nouvelle labyrinthique, ouvrant le recueil Fictions de Borges. J'y faisais allusion dans le dizain 9 où sont disséminées les séquences TER, TIUS, et TLON.

  Dans le second volet de la trilogie Traskman, Thilliez donnait peut-être quelques indices sur Caleb Traskman, dont la demeure est un labyrinthe avec 444 portes, et dont le vrai nom est Christian Lavache.
  La référence au mythe crétois est plus nette dans Labyrinthes, où Traskman participe à des orgies gore avec un masque de taureau. Julie parvient à s'évader de la pièce secrète de sa demeure, et prend le nom d'Ariane, en souvenir de l'araignée qui était sa seule amie pendant sa captivité.

  Dans mon projet, Traskman, qui passait toujours pour mort, kidnappait 13 jeunes gens en janvier 2021, réitérant un exploit de janvier 2013, 8 ans plus tôt. 13 jeunes gens avaient été pareillement kidnappés. Un site interactif, évidemment intraçable, avait été ouvert, montrant parfois le quotidien en direct des captifs.
  13 énigmes étaient posées, chacune correspondant à un kidnappé, que le kidnappeur s'engageait à libérer si la bonne réponse était trouvée. Le public avait droit à 5 propositions par énigme, et la 5e erreur entraînait la mort du kidnappé correspondant. Le kidnappeur fixait un délai de 21 jours, au terme duquel tous les survivants seraient exécutés.
  Ç'avait été un carnage, et quelques jours avaient suffi pour voir l'exécution en direct de chaque kidnappé, et les supplications des survivants.  
  L'enquête n'avait rien révélé.

  Bis repetita 8 ans plus tard, mais on a alors trouvé le moyen de filtrer les accès au site pirate, et d'empêcher tout un chacun d'y soumettre des propositions non contrôlées. Des groupes de réflexion se constituent autour de chaque énigme, et un thésard pense avoir trouvé la réponse à l'énigme Si la critique est aisée, l'art est ?
  Son domaine est la mythologie grecque, et il propose une lecture Si la critique est Thésée, l'art est ?, la réponse étant alors Minotaure.
  A l'appui de son idée, il y a que selon le mythe 14 jeunes gens étaient conduits tous les 9 ans dans le labyrinthe, pour y être sacrifiés au Minotaure. Il y a encore qu'une des énigmes de 2013 était Qu'écrivent les notaires ?, et le thésard propose l'anagramme Astérion, autre nom du Minotaure.

  Ça semble cohérent. La réponse Minotaure est soumise au site, et validée. Une jeune fille est libérée, et elle est en possession d'éléments qui permettent aux enquêteurs d'identifier le lieu abritant les prisonniers (qui ont par exemple noté les heures de passage d'avions).
  L'opération policière permet de libérer les prisonniers, mais les kidnappeurs se réfugient dans des grottes qu'ils font s'effondrer sur eux.
  Les enlèvements étaient en fait des leurres, afin de faire participer à la garden-party présidentielle les 13 rescapés, ainsi que le thésard, leur complice. Traskman ne sera pas loin...

  J'avais un peu étoffé, mais je ne retrouve plus mes notes. J'étais satisfait de l'anagramme notaires-Astérion, et je me souviens avoir trouvé une anagramme plaisante pour la nouvelle identité de Traskman, mais laquelle ? Il m'est au moins certain de n'avoir pas rapproché Astérion de SONE TARI.

  Mes recherches m'ont fait croiser le Minotaure à diverses reprises. J'ai notamment commenté ici le roman de Paul Halter La nuit du Minotaure, où des meurtres sont commis à des emplacements correspondant à des cases d'un échiquier, selon le déroulement d'une partie réelle.
  SONE TARI = Astérion éveille maintenant de nouveaux rebonds. 

   Les grilles 8x8 (un échiquier) et 6x6 de mon SONÈ figuraient dans le numéro 9 de Formules (2005), où j'ai découvert tardivement (2017) les curiosités d'une grille 9x9 proposée par Cyril Epstein.
  La grille a été composée pour donner une lecture horizontale relativement acceptable, avec en sus les première et dernière colonnes énonçant "girare roi" et "anagramme". A l'insu de Cyril, avec qui j'en ai discuté, apparaissent d'autres lectures :
- la colonne centrale OMNNMREOP est l'anagramme de "prénom nom";
- la 3e colonne permet de lire de bas en haut Inanna, autre nom de la déesse Ishtar, de même étymologie que Astérion, "étoile";
- la rangée centrale RENEMAINR est l'anagramme de Marie Renn.
  Marie Renn est l'auteure fictive d'un album fictif apparaissant dans le film de 2003 Dédales de René Manzor (8 lettres en commun avec Marie Renn, ces lettres apparaissant dans l'ordre dans RENEMAINR). Bien que publiée en 2005, la grille de Cyril est antérieure au film de Manzor.
 

  Cet album, Le fil d'Ariane, a déclenché un syndrome de personnalité multiple chez quelqu'un qui est tour à tour un tueur, le Minotaure, le flic qui le pourchasse, Thésée, et le psychiatre qui tente de démêler l'affaire, Ariane...
  L'étrangeté de ce nom Marie Renn, constatée en son temps, me semble surmultipliée aujourd'hui, notamment par une phrase d'Astérion dans la nouvelle de Borges : Ce n'est pas pour rien que ma mère est une reine.
  Ce n'est qu'en y revenant maintenant que je me suis avisé de la similitude de RENE MAiNR avec RENE MANzoR, dont le film fait lui-même coïncidence avec Identity de James Mangold, sorti la même année avec un sujet extrêmement proche. MAN z OR est presque équivalent à MAN GOLD, avec un Z en trop, la différence entre RENE MAiNR et RENE MANoR ne tenant plus qu'aux lettres I et O. Cyril appelle sa grille un ROMAN.
  Le texte "en clair" de sa grille s'achève sur "Io imprime", où Io est pour lui la nymphe transformée en vache par Zeus pour qu'il puisse s'y accoupler sous la forme d'un taureau.
  C'est sur l'initiale I de "imprime" que débute la colonne INANNAMAR où peut se lire INANNA, nom sumérien de la déesse Ishtar, mais aussi MAR, première syllabe de Marduk, autre divinité essentielle mésopotamienne, ou encore AMAR, première partie du nom original sumérien de Marduk, Amar-Utu, "taureau du soleil", ou "veau du soleil" (le soleil étant Utu).

  Je peux encore lire ARIANE dans le coin inférieur droit de la grille de Cyril, comme une sorte de colophon, s'entrelaçant avec la belle symétrie IMMMMI. MI comme MInotaure ?
  
  Tout ça est complètement fou, mais chacun peut en principe le vérifier, le texte de Cyril Epstein Ecrire en colonne étant accessible sur le site de la revue Formules, page 249 à 256 (mon SONÈ page 369), la couverture du Fil d'Ariane apparaissant au temps 1:01:39 du film Dédales, suivie de deux images de l'album (dont on pourrait se demander s'il n'est pas un vestige d'une réalité parallèle).
  Mon premier contact avec la grille de Cyril est relaté ici, et cette grille s'inscrit dans un ensemble vertigineux...

  Lors de mon étude sur Labyrinthes, j'avais observé qu'il était plutôt gonflé d'avoir donné ce titre à un roman traitant de personnalités multiples à base d'Ariane et de Minotaure, alors qu'existait Dédales sur les mêmes thèmes.

  La nouvelle de Borges est devenue tout naturellement en anglais The House of Asterion, et ceci m'a rappelé qu'il est question du Minotaure dans un fameux livre labyrinthique, House of Leaves de Mark Z. Danielewski.
  Dans ce livre, toutes les occurrences du mot "maison", dans toutes les langues, sont imprimées en bleu. Une autre particularité touche le mot "Minotaur", imprimé en rouge. Les passages sur le Minotaure sont aussi imprimés en rouge, et barrés en noir.
  L'anagramme pourrait jouer un rôle, la note 298 du texte énonçant :

I mean that's what you get for wanting to turn  The Minotaur into a homie... not homie at all.
C'est ce que vous obtenez en voulant transformer Le Minotaure en un ami... pas du tout un ami. (ma traduction)

"The" est imprimé en gras, et "Minotaur" en rouge, non barré. Un exégète a remarqué que THE MINOTAUR est l'anagramme de HOMIE TRUANT; Johnny Truant est l'un des personnages du roman, il est censé être l'auteur de cette note 298 "homie" (mais la traduction française a perdu cette possibilité, Truant y ayant été renommé Errand).

  Danielewski se refuse à tout commentaire sur les exégèses de ses livres, ce que je déplore. Il m'est acquis que le contenu des oeuvres dépasse souvent les intentions de leurs créateurs, et une telle attitude ne fait pas avancer le schmilblic.
  Je crois déceler un rôle important de La demeure d'Astérion dans son roman avec la déclaration La maison n'est pas une maison de Dieu, la maison est Dieu, possible écho à la citation donnée plus haut : La maison a l'échelle du monde, ou plutôt, elle est le monde.
  Les exégètes ont tout de même repéré l'importance de Borges chez Danielewski, avec en premier lieu une intervention d'une des premières inscrites sur le forum, utilisant le pseudo Inanna.

  Je crois devoir rappeler que j'ai utilisé les lettres SONE des 4 points cardinaux pour un résumé de La mort et la boussole de Borges :

  Nord, Ouest, Est cernent des crimes. L'inspecteur Eric Lönnrot vient au Sud, naïf désigné d’avance, et est assassiné de quatre bastos. La mort et la boussole est ce conte astucieux où Borges escamote les lois du polar. Nous unissons nos louanges.

  Le SONÈ y est en filigrane, car ces 196 lettres, 14 fois 14, peuvent former le losange mortel illustré dans la nouvelle, ou encore une aiguille de boussole.
  Le unus souligné est explicité dans le billet de la Saint André 2022, faisant le point sur mes créations SONE.
  J'y repère aujourd'hui que le "rot" de Lönnrot peut donner une identité à son adversaire, avec une anagramme d'Astérion :
                        r
                      a o
                   s n i t e


  Le titre de ce billet fait allusion à la dernière proposition du Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein:

    Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.

  J'ai longtemps pensé le contraire (pour autant que j'eusse compris la proposition), mais j'admets que la vie serait bien plus facile si, par exemple, SONE TARI n'était pas l'anagramme d'ASTERION, ou si les colonne et rangée centrales de la grille de Cyril Epstein n'énonçaient PRENOM NOM MARIE RENN.
  Je suis bien conscient de m'enfermer dans un labyrinthe inextricable en m'acharnant sur ces énigmes, mais vaut-il vraiment mieux les ignorer ? 
  Une alternative au titre choisi était

   Le SON qu'on ne peut émettre, faut-il le TAIRE ?


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